LA TRIADE PIED-GENOU-COLONNE
.
Il est impossible d'être médecin ou chirurgien du pied sans s'intéresser aux répercussions de ce dernier sur les segments sus-jacents.
Les syndromes le plus souvent liés aux troubles statodynamiques du pied sont les douleurs rotuliennes et les douleurs des articulations interapophysaires. Elles sont souvent à l'arrière-plan mais parfois elles représentent la plainte principale et n'aboutissent donc pas nécessairement chez les podologues.
Mais l'association pied-genou-colonne est tellement fréquente dans nos statistiques qu'elle représente une triade classique.
Pathogénie
Il s'agit de patients, le plus souvent de patientes, qui se présentent à notre consultation podologique pour une douleur au pied liée à une brièveté du système suro-plantaire, le plus souvent une métatarsalgie. Mais n'importe quelle pathologie du pied peut être associée à des douleurs supra-segmentaires pour autant qu'il existe un valgus de l'arrière-pied.
Ce valgus (terme qui nous paraît plus logique que celui de « pronation » car la déformation est dans le même plan que celui des genoux lorsqu'ils sont en valgus) résulte de la brièveté du système suro-plantaire et le plus souvent du seul gastrocnémien.
Le valgus s'accompagne d'une rotation interne des membres inférieurs et donc d'un strabisme des rotules. Cette rotation est proportionnelle à l'importance du valgus de l'arrière-pied et les deux sont proportionnels à la brièveté des gastrocnémiens. Il en est de même de l'excentration des tubérosités tibiales. Cette excentration est d'autant plus importante que le gastrocnémien est court.
La rotation interne des membres inférieurs accentue la lordose lombaire ; ce qui peut engendrer des souffrances lombaires postérieures. Elles intéressent, dans la grand majorité des cas, les articulations interapophysaires, parfois les apophyses épineuses ("kissing spine"), plus rarement les pédicules (spondylolyse et de spondylolisthésis).
La triade PIED-GENOU-COLONNE associe donc
I. Au niveau du pied, n'importe quelle douleur conséquente à une brièveté des gastrocnémiens responsable d'un valgus (le plus souvent une métatarsalgie (1), mais il peut s'agir d'hallux valux ou d'hallux rigidus, de tendinopathie des muscles équilibrateurs, du tibial postérieur ou de l'Achille, d'une fasciite plantaire etc...)![]() (1) métatarsalgie centrale par suppression du ressort de l'avant-pied. |
II. Au niveau du genou, d'un syndrome d'hyperpression externe de la rotule (2-3) , à cause de l'excentration de la tubérosité tibiale, de l'accentuation de l'angle Q lors de chaque pas et du passage plus rapide de la rotule sur la trochlée.![]() (2) la tubérosité tibiale externe est excentrée ; ce déplacement est proportionnel à la brièveté du gastrocnémien et sera plus important si la brièveté survient plus tôt au cours de la croissance. ![]() (3) du côté où le gastrocnémien empêche le pied d'atteindre l'angle droit, on observe une hyperpression externe de la rotule lorsque la radiographie est prise alors que l'on imprime une rotation externe à la jambe. (Comme la brièveté des gastrocnémiens se rencontre plus souvent chez les filles , cela a donné l'idée erronée et confortable à une pléade d'orthopédistes maccistes à outrance que ces filles somatisaient leurs problèmes psychologiques au niveau de leurs rotules - pourquoi pas au niveau du sésamoïde externe du gros orteil au niveau duquel les anciens localisaient l'âme des individus ? Ces mêmes rotules ont été le plus souvent soulagées par simple allongement proprioceptif des gastrocnémiens grâce à une kinésithérapie très simple et aurait permis à des sorcièresde ne pas être brûlées si on avait été au Moyen-Age). |
III. Au niveau de la colonne (4) , une douleur localisée, le plus souvent paralombaire, accentuée par l'extension de la colonne ou, en position debout, par la mise des pointes des pieds en dedans : ce qui accentue la lordose (5) ; cette douleur localisée peut s'accompagner d'un referred pain suivant un trajet différent des nerfs du membre inférieur, affectant les masses musculaires et disparaissant après des manoeuvres d'échauffement (par exemple une manoeuvre de Lasègue répétée) ; cette douleur survient volontiers après une station debout prolongée et est soulagée par la position assise.![]() (4) image d'arthrose localisée aux articulations interapophysaires ![]() ![]() (5) Le big toe test fait disparaître un valgus souple, réoriente les rotules qui présentaient un strabisme et délordose la colonne ; ce qui est mesurable sur un cliché radiologique. |
Copyright 2004 C Kowalski. Retour Acceuil.