TRAITEMENT CHIRURGICAL
DES TENDINOPATHIES CORPOREALES CHRONIQUES DACHILLE
A propos de 52 cas
surgical treatment of achille tendinopathies. a review of 52 cases
O. JARDE, E. HAVET, P. MERTL,
Z. LAYA, F. TRAN VAN, P. VIVES
Service dOrthopédie traumatologie - CHU Nord, Place Victor Pauchet -
80054 AMIENS CEDEX 1
Tirés à part : O. JARDE, adresse ci-dessus
Mots clés : Tendinopathie - Achille - chirurgical
Key words : Tendinopathie - Achille - surgical
N° de code : 1752-5203
RESUME
Les auteurs rapportent une série de 52 tendinopathies chroniques dAchille opérées par excision du péritendon, libération du fascia cruris peignage limité du tendon et parfois résection des nodules, des calcifications et des kystes.
La durée moyenne dévolution de la série avant lintervention était de 18 mois. Vingt six patients pratiquaient du sport. Il existait 12 atteintes bilatérales. La douleur était toujours présente. Une échographie était toujous réalisée permettant la classification de PUDDU en 21 paratendinites, 22 tendinites et 9 paratendinites avec tendinite.
Les malades ont été revus avec un minimum de 2 ans. Les résultats ont été appréciés selon des critères cliniques.
Le recul moyen était de 5 ans et 6 mois. La douleur était absente 29 fois. La mobilité était normale 48 fois avec une reprise du sport à un niveau identique 29 fois. Nous avions comme résultat global 29 très bons résultats, 14 bons, 6 moyens et 3 mauvais.
Lâge moyen des patients présentant un mauvais résultat est relativement plus élevé. Les mauvais résultats sont tous corrélés avec lamyotrophie. La présence dune malformation du pied ne parait pas influencer défavorablement le résultat. Linfiltration du tendon dAchille est à proscrire. Labsence dimmobilisation semble éviter lenraidissement de la tibio-talienne. Léchographie permet de distinguer les paratendinites, des tendinites et des paratendinites avec tendinites mais lIRM devient le maître examen car elle fournit des images très précises des lésions.
Le traitement chirurgical des tendinopathies chroniques dAchille peut être proposé en cas déchec du traitement médical. Le résultat est dautant meilleur que le sujet est jeune sportif et que la lésion est une paratendinite.
ABSTRACT
Purpose of the study
The authors relate a serie of 52 chronic Achille tendinopathies treated surgically, by simple release of the fascia cruris and the peritendon, resection of diseased tendon and divided longitudinally.
Material and methods
The affection had a course for about 18 months before surgery. Twenty six patients practiced sport complaints were bilateral in twelve cases. The pain is always present. An ultrasound was realised and give the classification of PUDDU with 21 paratenonitis, 22 tendinosis, and 9 paratenonitis with tendinosis.
The patients were reviewed with a minimal follow of 2 years. The results were assened using clinical criteria.
Results
Average follow up was 5 years and 6 months and showed no pain in 29 cases. Marge of motion was normal in 48 cases with sport recovery at a same level in 29 cases. The global score was 29 very good results, 14 good results, 6 fair results and 3 bad results.
Discussion
The absence of immobilization may avoid stiffness of the tibio-tarsal joint.
Middle age patients seems to have a more result. Bad results are closely related to amyotrophy. The presence of foot deformity doesnt seem to influence unfavourably the result. The infiltration of Achille tendon is forbidden. Ultrasound is a good examen but RMI give picture very accurate.
Conclusion
Surgical treatment of chronic Achille tendinopathies can be proposed in case of conservative treatment failure. Result is better in young active patients and the lesion is a paratendinitis.
La tendinite dAchille est une pathologie multifactorielle (1) dans laquelle la combinaison des facteurs anatomiques et biomécaniques associée à une hypersollicitation relative est responsable de laggravation des lésions initiales limitées au péritendon et de latteinte secondaire du tendon lui-même.
Le premier traitement de la tendinite dAchille est médical. Et cest seulement devant léchec du traitement médical que la chirurgie peut être proposée. Elle est trentenaire. Les premières séries datent de 1966 (2).
Certaines techniques qui ligaturaient le paquet veineux à la partie moyenne du tendon sont complètement abandonnées. Williams (3) et Kvist (4) en 1980, proposent lexcision des tissus inflammatoires péritendineux. Dautres techniques sont parfois utilisées :
ð la transplantation du court péronier préconisée par Perez-Teuffer (5) associée à un peignage réalisé par Motta (6),
ð la technique du fourrage avec greffe musculo-tendineuse incorporée utilisée par Godeneche (7).
Sur une série de 77 cas opérés dans le Service du Professeur Vives entre 1985 et 1997 nous rapportons 52 observations opérées par excision du péritendon, libération du fascia cruris, ténolyse, peignage du tendon dAchille proche de Kvist (4) et Lemaire et al.(8) et parfois résection des nodules. Les autres cas non revus sont des perdus de vue ou des cas trop récents. Les patients présentant une tendinopathie dinsertion ou une atteinte de la jonction musculo-tendineuse ont été exclus. Notre série comporte uniquement des atteintes corporéales selon la classification de Clain et al. (9). Laction physiopathologique du peignage est de provoquer un épaississement global du tendon. La cicatrisation des différentes scarifications va entraîner une réaction fibreuse supprimant les signes inflammatoires. Lobjectif du travail est de trouver des corrélations entre les patients et le résultat en utilisant les examens nouveaux paracliniques.
MATERIEL
La série
La prédominance masculine était incontestable (26 hommes pour 14 femmes). Lâge moyen était de 42 ans avec des extrêmes de 18 et 76 ans. Il existait 12 atteintes bilatérales.
Vingt six patients pratiquaient un ou plusieurs sports. Lathlétisme et la course à pied étaient les disciplines les plus représentées (14 fois). La majorité des sujets pratiquaient un sport de loisir (19 fois). Les 7 qui faisaient de la compétition étaient plus jeunes. Les 14 autres patients étaient des actifs non sportifs.
Dans 40 cas, le début était progressif. Dans 12 cas, le début était brutal : lors dun effort sportif (5 fois), lors dun faux mouvement (5 fois), à la suite dune choc direct (1 fois), ou à la suite dun tableau inflammatoire aigu (1 fois).
Les traitements médicaux antérieurs associaient en général un repos simple ou plâtré (2 cas), des anti-inflammatoires, des massages transverses profonds avec physiothérapie, de la mésothérapie. Huit tendons avaient été infiltrés au moins une fois et un plus de 4 fois. La durée moyenne dévolution avant lintervention était de 18 mois avec des extrêmes de 5 mois à 5 ans.
La douleur était toujours présente, au début lors des efforts sportifs, obligeant le sportif à sarrêter puis constante lors des activités normales. Lexamen clinique recherchait un oedème tissulaire, une douleur localisée, une crépitation. Un oedème diffus traduisait un épaississement du paratendon dans tous les cas. La présence de nodule reflétait une rupture partielle (9 fois). Pour cela, il fallait tirer et presser le tendon.
La peau en regard du tendon était normale 44 fois, fine et atrophique 6 fois, rouge et inflammatoire 2 fois.
Lexamen manuel de la force musculaire mettait en évidence : 6 sujets ayant une bonne cotation à 4, 30 ayant une cotation passable à 3, et 16 une cotation médiocre à 2. La fatigabilité à la marche était retrouvée chaque fois. Il y avait 10 amyotrophies du triceps sural et 15 boiteries.
La mobilité de la cheville nétait normale que dans 44 cas. Les 8 limitations en moyenne de 10° étaient secondaires à une rétraction du tendon dAchille ou une rétraction de la lame des jumeaux.
Lexamen podoscopique fait dans tous les cas retrouvait 7 pieds plats valgus, 9 pieds creux varus et 36 voûtes plantaires normales.
Le stade clinique de tendinite achilléenne était classé selon Blazina (10). Sur les 52 tendinites représentant 40 malades il y avait :
ð Stade 2 : 12 fois (douleurs gênant considérablement la pratique sportive)
ð Stade 3 : 40 fois (douleurs interdisant toute activité courante)
La radiographie avait permis de retrouver une maladie de Haglund concomitante 8 fois, des calcifications tendineuses 7 fois. Cinquante deux échographies étaient réalisées. Elles confirmaient le diagnostic avec dans tous les cas un épaississement du péritendon alors que le tendon était normal 21 fois. Des lésions focales hypoéchogènes étaient situées à la partie moyenne du tendon 22 fois sinon il était mis en évidence une hétérogénéité diffuse de tout le tendon. Des calcifications intratendineuses étaient présentes 7 fois ainsi que 2 kystes liquidiens.
La classification de PUDDU et al. (11) (Tab 1) donnait : 21 paratendinites, 22 tendinites et 9 paratendinites avec tendinite.
Technique chirurgicale
Tous les patients ont été opérés sous bloc poplité, le sujet était en décubitus latéral sur table ordinaire avec un garrot pneumatique.
Lincision était latérale. La gaine péritendineuse était incisée longitudinalement et totalement excisée en dorsal, latéral et médial mais pas en ventral pour ne pas léser les tissus en regard du tendon à ce niveau et la vascularisation tendineuse. Le tendon était dégagé, peigné longitudinalement de façon limitée en respectant lorientation des fibres. Il permettait de trouver des nodules fibreux 22 fois, des microcalcifications 7 fois et des kystes liquidiens 2 fois. Leur excision minutieuse puis leur sututre au fil résorbable était réalisée. Aucun renforcement par un lambeau tendineux de retournement nétait nécessaire. La fermeture se faisait sous drain aspiratif et botte plâtrée de marche pendant 3 semaines. Lappui total a donc été autorisé sur lensemble de la série et quelle que soit la nature des lésions constatées.
Une rééducation active et passive douce progressive était entreprise pour récupérer la flexion dorsale de larticulation tibiotarsienne. Des massages étaient réalisés pour permettre un décollement sous-cutané du tendon. Au 45ème jour, la reprise de la course à pied était autorisée mais na été possible que 43 fois. Lentraînement, les sauts et les impulsions nétaient autorisés quentre le 2ème et le 3 ème mois post- opératoire.
Méthode dévaluation
Cinquante deux malades ont été revus avec un recul minimum de 2 ans.
Un examen clinique du tendon dAchille en position debout, en décubitus dorsal et ventral était effectué à chaque fois, ainsi quun interrogatoire permettant de déterminer le moment dapparition des douleurs. Cet examen bilatéral et comparatif appréciait létat cutané et les éventuelles adhérences sur cicatrice, la mobilité articulaire, létat du tendon et la force musculaire évaluée par un testing musculaire manuel.
Tous les patients revus avaient bénéficié dune échographie de contrôle.
Dix patients (7 hommes et 3 femmes) bénéficiaient dun bilan pré-opératoire et dun contrôle par CYBEX. Nous utilisions une table multipositions et un matériel isocinétique CYBEX qui permettait denregistrer les forces maximales développées en tous points de lamplitude articulaire. Linstallation du sujet était réalisée genou flechi à 90°, en décubitus dorsal. Un dispositif de cuisse réglable plaçait la hanche à 60° de flexion. La cuisse et le bassin étaient sanglés. Chaque patient effectuait un essai équivalent à 10 mouvements dextension-flexion de la cheville afin de se familiariser avec lappareil.
Ces dix mouvements dextension étaient effectués pour chacune des vitesses selectionnées (90 et 180°/s). 90°/s correspondait à un mouvement lent, 180°/s à une vitesse équivalente à celle de la marche. Les paramètres danalyse étaient le pic de couple (PC), la puissance moyenne (PM) et le travail total (TT). Le pic de couple correspondait au moment maximal produit par le groupe musculaire testé. Il sexprimait en Nm. Le travail réalisé correspondait à la surface enregistrée sous la courbe.
Les résultats étaient considérés comme : excellents sil nexistait aucun symptôme résiduel pour les non-sportifs ou si les performances sportives étaient illimitées, bons si le patient avait repris les mêmes sports à un niveau équivalent à létat pré-opératoire ou seulement une légère gène après les activités importantes chez les non-sportifs, moyens sil était noté une amélioration par rapport à létat pré-opératoire chez les non-sportifs mais avec des douleurs lors de la reprise du sport, mauvais sil napparaissait aucune amélioration.
Létude statique des résultats était analysée grâce au T test de Student (<0,01).
RESULTATS
Complications
Les seules complications étaient cutanées cinq fois nécessitant une excision chirurgicale 3 fois.
Résultats à 2 ans
Le recul moyen était de 5 ans et 6 mois avec un recul maximum de 12 ans.
Résultat clinique
- La douleur était absente 29 fois sur les 52 observations, à type dAchillodynie après leffort 14 fois, avec un fond douloureux permanent 6 fois, ou à type de douleurs achilléennes permanentes interdisant toute activité courante 3 fois.
- Lexamen de la peau retrouvait 6 adhérences.
- Il existait une fatigabilité à la marche 9 fois avec boiterie 3 fois.
- Le tendon était globalement augmenté de volume dans tous les cas avec une amyotrophie du triceps sural 4 fois.
- La mobilité était normale 48 fois (extension 20° - flexion 35°), limitée en extension à 10° en moyenne (3 fois). Il était mis en évidence une attitude en talus une fois.
- La reprise du sport avait été faite à un niveau identique 23 fois entre le troisième et le sixième mois post-opératoire (moyenne 142 jours). Trois patients avaient arrêté malgré tout le sport.
La force musculaire du tendon dAchille évaluée par un examen musculaire manuel selon les critères que nous avions décrits ont donné les résultats consignés dans le tableau 2.
Le contrôle de la force isométrique des fléchisseurs de la cheville du côté traité était exprimé en pourcentage par rapport au côté sain dans les tableaux 3 et 4. Au niveau des fléchisseurs plantaires la différence était significative entre le côté sain et le côté opéré (T de Student <0,01).
Le contrôle échographique systématique objectivait un épaississement du tendon évalué en moyenne à 6mm par rapport au tendon controlatéral. Léchostructure du tendon était homogène dans 44 cas. Des images hyperéchogènes étaient observées au niveau de 3 tendons.
Cinq petites zones hypoéchogènes étaient observées au niveau de zones inflammatoires persistantes.
Résultat global
Vingt neuf très bons résultats (55 p.100), 14 bons résultats (26 p.100), 6 résultats moyens (11 p.100) et 3 mauvais résultats (5 p.100).
Dans le groupe des paratendinites sur 21 cas il y avait : 13 très bons (62 p.100), 6 bons (28 p.100) 1 moyen (4 p.100) et 1 mauvais (4p.100).
Dans le groupe des 22 tendinites il existait : 12 très bons (54 p.100), 5 bons (23 p.100), 4 moyens (18 p.100) et 1 mauvais (4 p.100).
Enfin, dans le groupe des formes combinées sur 9 cas il était mis en évidence : 4 très bons (44 p.100), 3 bons (33 p.100), 1 moyen (11 p.100) et 1 mauvais (11 p.100).
En fonction du type de pied parmi les pieds plats valgus il y avait : 4 très bons, 1 bon, 1 mauvais. Parmi les pieds creux varus : 6 très bons résultats, 1 bon, 1 passable, 1 mauvais.
DISCUSSION
Comme Nelen et al. (12) la série a un nombre important de tendinites achilléennes bilatérales (12 sur 40) qui ne sont pas retrouvées uniquement chez les coureurs à pied. La durée moyenne dévolution avant lintervention est dun an et demi comme Clement et al. (13). Pour Jenkins (14) le début brutal est évocateur dune rupture partielle.
La présence dune malformation du pied (pied plat, pied creux, pied valgus, pied varus) ne paraît pas influencer défavorablement le résultat de lintervention chirurgicale dans notre série et les autres publiées.
Nous avons 6 résultats moyens que lon peut attribuer au moins 2 fois à la raideur articulaire. Lâge moyen des mauvais résultats est plus élevé (53 ans).
Comme Nelen et al. (12), nous pensons que linfiltration du tendon dAchille est peut-être à proscrire car les trois ennuis cutanés nécessitant une reprise chirurgicale correspondent tous à des tendons infiltrés et quelle est responsable dune augmentation des lésions.
Les résultats à long terme de Leach et al. (15) sont 72 p.100 de bon résultats. Schepsis et al. (16) constatent des meilleurs résultats en cas de paratendinite quen présence dune tendinite. Nos résultats sont très proches de la série plus importante de Nelen et al. (12) aussi bien au niveau des résultats globaux que dans les groupes de paratendinite, tendinite et paratendinite avec tendinite. Mais nous navons pas eu de cas ayant nécessité un renforcement par un lambeau tendineux de retournement étant donné limportance du débridement. Néanmoins, dans leur série sur les 24 lambeaux tendineux réalisés, ils ont 12 très bons résultats, 9 bons, 2 moyens et 1 mauvais.
La technique utilisée est proche de celle de Kvist (4) et Lemaire et al. (8) avec lexcision du péritendon, la libération du fascia cruris, la ténolyse et le peignage du tendon dAchille. Kvist (4) obtient sur une série de 201 patients opérés 169 excellents résultats et 25 bons résultats. Parmi les 169 très bons résultats, 26 récidivent à distance nécessitant 20 réinterventions avec un bon résultat final. Lemaire et al. (8) présente une série de 67 patients opérés avec 61 très bons résultats et 6 mauvais : 2 par récidive supérieure, 2 par tendinite dinsertion et 2 par désunion chez des sujets infiltrés.
Contrairement à Kvist (4) et Saillant et al. (17) dans la série les patients ont été immobilisés. Labsence dimmobilisation semble éviter lenraidissement de la tibio-tarsienne et la formation dadhérences et ne semble pas favoriser les complications cutanées. Ils nont dailleurs pas comme nous de limitation articulaire. Schepsis et al.(16) dans leur série de 79 cas insistent sur limportance de la mobilisation précoce pour éviter les adhérences et maintenir la tension du tendon. Une immobilisation est néanmoins nécessaire pendant 15 jours si le débridement est important et le tendon fragile.
En revanche, Alfredson et al (18) ont étudié de façon prospective leffet de la rééducation excentrique sur la tendinose dAchille. Au terme de cette étude, ils proposent une immobilisation systématique de 15 jours puis de 2 à 6 semaines une mobilisation avec appui partiel, de 6 à 10 semaines musculation isométrique, de 10 à 12 semaines musculation dynamique, de 13 à 16 semaines augmentation du périmètre de marche, de 17 à 26 semaines reprise du sport. Dans leur série, il existe une diminution significative de la douleur et une augmentation de la force musculaire. En revanche lautre groupe traité de façon conventionnelle na eu aucun succès et tous les patients ont été traités chirurgicalement.
Dans notre série les mauvais résultats sont tous corrélés avec lamyotrophie qui peut être favorisée par limmobilisation. On peut donc espérer une amélioration des résultats si limmobilisation plâtrée est raccourcie et la rééducation mieux programmée. Saillant et al. (17) ont montré quil ny a pas de sportifs de haut niveau dans les mauvais résultats.
Questel et al. (19) rapportent une série de 18 cas de tendinite traitée par endoscopie dont tous les cas ont un bon résultat sauf un sportif présentant un HLA B 27 positif.
Limagerie complémentaire (20) permet de démembrer les tendinopathies et adapter la technique opératoire. Léchographie est actuellement la technique dimagerie la plus employée compte tenu de sa rapidité dexécution et de son faible coût. Elle permet de différencier la péritendinite qui se traduit par une hypoéchogénéité mal définie du péritendon, la tendinite, la rupture partielle par la réduction de taille du tendon et la nécrose tendineuse par lépaississement localisé ou diffus du tendon (21).
LIRM devient le maître examen car elle fournit des images très précises des lésions (fig 1) :
- la péritendinite se révèle par une couronne dhyposignal en T1, hypersignal en T2 entourant le tendon dont le signal et la morphologie sont conservés.
- La tendinite présente un épaississement focal de type nodulaire. Son signal est modifié par des hypersignaux intratendineux en T2 spin-écho
- La rupture partielle montre un tendon épaissi et des anomalies de signal linéaires, longitudinales et verticales sétendant jusquà la surface du tendon et/ou paratendon.
Benazzo et al. (22) expliquent les métaplasies chondroïdes du tissu conjonctif. Les ténocytes sollicités augmentent la production de CHS entraînant une hypovascularisation au milieu du tendon. Les ténocytes produisent des protéïno-glycames en hypoxie. Laffinité du CHS pour le coll 1 est différente ce qui entraîne une rétention deau et donc lhypoéchogénicité et lhyperdensité à lIRM.
CONCLUSION
Le traitement chirurgical des tendinopathies chroniques dAchille peut être proposé en cas déchec du traitement médical. Léchographie permet de distinguer les paratendinites des tendinites et des paratendinites avec tendinites mais lIRM dévient le maître examen car elle fournit des images très précises des lésions. Le résultat est dautant meilleur que le sujet est jeune sportif et que la lésion est une paratendinite. Nos résultats pourraient être améliorés en prescrivant une reprise de la marche quasi-immédiate et meilleur protocole de rééducation.
REFERENCES
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Tab 1 : Classification de Puddu des tendinopathies corporéales
Tab 2 : Examen musculaire lors de la révision des peignages du tendon dAchille
Tab 3 : Contrôle de la force isocinétique des fléchisseurs dorsaux
Tab 4 : Contrôle de la force isocinétique des fléchisseurs plantaires
Fig 1 : tendinopathie dinsertion et du corps du tendon dAchille
Paratendinite
Tendinite : rupture partielle
Paratendinite avec tendinite : dégénérative
rupture partielle
calcification
Tendinite dinsertion
Bursite rétro-calcanéenne
|
Normal ou cotation 5 |
35 |
|
Bon ou cotation 4 |
4B+ et 5B |
|
Passable ou cotation 3 |
2 |
|
Médiocre ou cotation 2 |
6 |
|
Trace ou cotation 1 |
0 |
|
Zéro |
0 |
|
PC |
PM |
TT |
|
|
90°/sec |
94% |
92% |
87% |
|
180°/sec |
102% |
95% |
95% |
|
PC |
PM |
TT |
|
|
90°/sec |
60,5% |
61% |
69% |
|
180°/sec |
74% |
63,5% |
71% |