RECIDIVE DíHALLUX VALGUS TRAITEE PAR ARTHRODESE METATARSOPHALANGIENNE. A PROPOS DE 32 CAS.

HALLUS VALGUS RECURRENCE TREATED BY A METATARSOPHALANGEAL ARTHRODESIS. A 32 CASES STUDY

O. JARDE, E. CHABAILLE, O. GANRY, E. HAVET, P. VIVES

Service díOrthopédie - Traumatologie, CHU NORD. 80054 AMIENS CEDEX


 
 







Mots clés : Hallux Valgus, récidive, arthrodèse métatarsophalangienne.

Keys Words : Hallux valgus, recurrence, métatarsophalangeal arthrodesis.
 
 
 
 

Tirés à part : O. JARDE, adresse ci-dessus
 
 
 
 

Les auteurs rapportent une série de 32 récidives díhallux valgus traitées par arthrodèse métatarsophalangienne ayant 5 ans de recul minimum.

Le recul moyen entre la chirurgie initiale et la reprise était de 11 ans. Tous les patients se plaignaient de douleurs de líavant pied. Líangle moyen du valgus phalangien était de 39° avec 16 métatarsalgies. Líinterligne articulaire métatarsophalangien du gros orteil était selon la classification de REGNAULD : 2 fois stade 1, 8fois stade 2a, 6 fois stade 2b, 16 fois stade 3. Líarthrodèse était réalisée grâce à une vis axiale et une plastie de líadductor hallux.

Les résultats ont été appréciés avec un recul minimum de 5 ans selon les critères de KITAOKA. Il a été fait une étude statistique.

A la révision il existait une indolence dans 78 p. 100 des cas. La déviation en valgus a été corrigée avec un angle moyen de 19°. Líarthrodèse a fusionné dans 90,6 p. 100 des cas. Les tests statistiques ont montré líinfluence du valgus du gros orteil en pré et post-opératoire sur le résultat final. Plus líâge du patient à la reprise était élevé moins le résultat final était bon. Le résultat global était 84 p. 100 de très bons, 6 p. 100 de moyens et 10 p. 100 de mauvais résultats.

Les résultats montrent que líarthrodèse du gros orteil níest pas une intervention invalidante. Une arthrose interphalangienne peut apparaître par hypersollicitation de líarticulation.

La série de KITAOKA compare les résultats de líarthrodèse aux techniques conservatrices. Elle montre un meilleur résultat avec líarthrodèse.

Le traitement des échecs des cures chirurgicales díhallux valgus par arthrodèse du gros orteil ne compromet pas le déroulement du pas qui reste possible grâce à la souplesse de líinterphalangienne du gros orteil de líarticulation tibio-talienne et reste donc un recours raisonnable

The authors reviewed a series of 32 hallux-valgus recurrences treated by great toe metatarsophalangeal arthrodesis, with a minimum follow-up of 5 years.

The average follow-up between initial surgery and reoperation was 11 years. All the patients complained of forefoot pain. The average angle of phalangeal valgus was 39° with sixteen patients presented metatarsalgia. The great toe metatarso-phalangeal joint was evaluated according to Regnauldís classification : 2 stade 1, 8 stade 2a, 6 stade 2b, 16 stade 3. The arthrodesis was performed and fixed by an axial screw and associated to an adductor hallux plasty.

Results were appreciated with a minimum follow-up of 5 years according to KITAOKAís criteria.

Seventy eight p. cent of the patients were painless at latest follow-up. Valgus deviation of the great toe was corrected with an average angle of 19°. The arthrodesis healed in 90,6 p. cent of cases. Statistical tests annalysis showed importance of great toe valgus pre and post operatively and at final evaluation. Final result was poor in oldest patients. Global result was rated very good in 84 p. cent cases, middle in 6 p. cent and poor in 10 p. cent.

Arthrodesis of the great toe is not a disabiliting surgery. An interphalangeal arthristis may occur to joint overuse (12 cases).

KITAOKAís series compare the results of arthrodesis to conservative surgery. It shows a better result with the arthrodesis.

The hallux valgus reoperation by a great toe arthrodesis remains a acceptable alternative.

La récidive de déformation après cure díhallux valgus est une séquelle parfois difficilement acceptée par le patient. La correction définitive de la déformation par une arthrodèse métatarsophalangienne est une intervention discutée, beaucoup de chirurgiens hésitant à consentir le sacrifice de cette articulation surtout chez un sujet jeune.

Si la notion de traitement des déformations articulaires par fusion osseuse est apparue dans la dernière moitié du 19ème siècle, cíest Clutton (1) qui le premier décrivit en 1894 líarthrodèse métatarsophalangienne comme un traitement donnant des résultats satisfaisants et stables en cas díhallux valgus sévère.

Depuis, de nombreuses techniques chirurgicales bloquant líarticulation métatarsophalangienne ont été proposées, Kelikian (2) en ayant recensé plus de 60 variétés.

Nous avons revu dans le cadre díune étude rétrospective une série de 32 récidives díhallux valgus traitées par arthrodèse de líarticulation métatarsophalangienne.

MATERIEL ET METHODE

La série

De 1980 à 1994, 32 récidives díhallux valgus dont 4 cas bilatéraux (2 hommes, 26 femmes) étaient traitées par le même opérateur. La récidive de déformation níimpliquait pas forcément la réintervention. Dans notre expérience les deux tiers des patients ayant récidivé níétaient pas opérés.

Líâge moyen était de 61 ans avec des extrêmes de 43 ans et 79 ans. Le recul moyen entre la chirurgie initiale et la reprise chirurgicale était de 11 ans avec des extrêmes de 1 à 40 ans. Le premier geste chirurgical avait été 32 observations de Keller-Brandes (3) dont 6 avaient été complétées par líimplantation díune prothèse bouchon.

Parmi les 26 Keller-Brandes, il y avait 5 mauvaises corrections initiales et 21 récidives survenues en moyenne 1 an après le geste chirurgical. Les récidives des 6 prothèses Swanson sont survenues en moyenne 5 ans après leur implantation.

Cinq patients ayant un Keller-Brandes avaient déjà été réopérés avant líarthrodèse par exostosectomie.

Tous les patients se plaignaient de douleurs de líavant pied associant le premier rayon à 16 métatarsalgies. Elles étaient modérées 4 fois, importantes 8 fois et très importantes 20 fois limitant le périmètre de marche. Bien que le canon des orteils ait été difficile à apprécier en raison de la fréquence des rétractions nous avons noté 9 avant-pieds égyptiens correspondant à une résection insuffisante 3 fois et à la prothèse bouchon 6 fois, 1 carré et 22 grecs.

Cinq pieds avaient une empreinte plantaire normale lors de líexamen podoscopique, 26 avaient une empreinte de pied plat valgus (24 stade 1, 2 stade 2) et 1 celle díun pied creux varus (stade 1). Nous avons noté 27 hyperkératoses plantaires. Une bursite importante et gênante était toujours constatées. Vingt et un pied avaient des clinodactylies dont 9 sur plusieurs rayons. Le chaussage était normal 1 fois, adapté 27 fois, sur mesure 4 fois. Sur les radiographies en charge on observait au niveau du gros orteil une déviation en valgus souvent importante. Cinq fois la déviation était supérieure à 50°, 13 fois entre 40 et 50°, 9 fois entre 30 et 40° et enfin 5 fois entre 20 et 30°. Líangle moyen entre le premier métatarsien et la première phalange était de 39°. Líangle moyen entre le premier et le deuxième métatarsien était de 14,8° avec un angle supérieur à 20° 3 fois, entre 15 e 20° 13 fois, entre 10 et 15° 11 fois, inférieur à 10° 5 fois. Líétalement moyen de líavant pied mesuré entre le premier et le cinquième métatarsien était de 32,3°. Líinterligne articulaire métatarsophalangien du gros orteil était selon la classification de Regnauld (4): 2 fois stade 1, (léger pincement de líinterligne), 8 fois stade 2a, (pincement de líinterligne inférieur à 50 p.100), 6 fois stade 2b, (pincement de líinterligne supérieur à 50 p.100), et 16 fois stade 3, (disparition de líinterligne ou destruction osseuse). Líarthrose interphalangienne du premier rayon était présente de façon légère 6 fois mais non douloureuse.

La formule métatarsienne était : 9 fois index plus minus, 22 fois minus et 1 fois index plus.

TECHNIQUE OPERATOIRE

Líarthrodèse du gros orteil était faite par un abord médial [Curvale et al (5)]. La position désirée était fixée provisoirement par une broche. Deux traits de scie parallèles étaient alors réalisés puis complétés après ablation de la broche provisoire. La résection osseuse devait être économique. Si elle exposait à un raccourcissement trop important du fait de conditions structurales ou acquises, il fallait se contenter de líavivement des deux surfaces articulaires métatarsophalangiennes par une rape particulière convexe concave ménageant leur congruence. La synthèse était réalisée 30 fois par une vis axiale centro-médullaire mise en place díarrière en avant de la face inférieure du col métatarsien vers la diaphyse de la première phalange, selon Girard et al. (6), et par une broche 2 fois. Un apport osseux complémentaire était nécessaire 6 fois pour récupérer la longueur ou pour combler, à líaide díos spongieux, la cavité laissée par líablation díune prothèse. Líarthrodèse était positionnée avec 30° de flexion dorsale chez les femmes afin quíelles puissent porter des talons de 3 à 4cm et 20° pour les hommes. Le valgus phalangien était de 20°. Nous avons utilisé une plastie de líadductor hallux qui bloquait la pronation et permettait líutilisation díune vis axiale díarthrodèse sans broche antirotatoire.

Au niveau des orteils latéraux líarthrodèse du gros orteil et la plastie de líadductor hallux étaient complétées par une arthroplastie ou une arthrodèse interphalangienne 36 fois dont 4 fois avec un brochage axial transitoire les autres cas níayant aucun brochage mais une ténodermodèse. Il était pratiqué dans le même temps opératoire un allongement des extenseurs (26 fois celui du 2ème orteil, 3 fois celui du 3ème orteil, 3 fois celui du 4ème orteil, 4 fois du 5ème orteil).

METHODES

Les 32 pieds ont été revus avec un recul minimum de 5 ans et maximum de 19 ans par le même observateur. Le recul moyen était de 79 mois.

Tous ont eu une radiographie du pied en charge au moment de la révision. Les résultats ont été appréciés selon les critères cliniques de Kitaoka et al. (7) (Tab I). Le test statistique de FISCHER a été utilisé ainsi que le Chi 2 de PEARSON et le YATES applicable aux séries courtes.

RESULTATS

Complications

Nous avons eu 4 algoneurodystrophies ayant régressé après un traitement adapté à la Calcitonine, deux retards de cicatrisation.

Résultat global

Nous avons relevé 27 très bons et bons résultats (84 p.100) (fig 1), 2 résultats moyens (6 p.100) et 3 mauvais résultats (10 p.100).

Quatre patients (12,5 p.100) avaient une note díappréciation subjective inférieure à 55 sur 100. Cette technique a donné satisfaction aux malades dans 87,5 p.100 des cas.

Résultats cliniques

Vingt cinq fois les douleurs du pied avaient disparu (78 p.100). Elles étaient météorologiques 2 fois et semblant dûes au matériel díarthrodèse, modérées 3 fois et persistantes 2 fois siégeant au niveau de líarticulation métatarso-phalangienne, interphalangienne et accompagnées de métatarsalgies du 2ème rayon.

Le pied était égyptien 4 fois, 2 fois carré, et 26 fois grec après líintervention alors que la voûte était inchangée.

Il níy avait pas de métatarsalgies 28 fois. Des métatarsalgies douloureuses étaient présentes 4 fois (3 fois sous la tête du 2ème métatarsien, 1 fois sous la tête du 3ème métatarsien). Elles coexistaient avec les autres douleurs signalées plus haut et intéressaient les même pieds. Il persistait 5 clinodactylies.

Le chaussage était normal ou confortable 30 fois et adapté 2 fois. Le périmètre de marche était normal 26 fois, limité à une heure 4 fois, limité 2 fois à quelques centaines de mètres.

Résultats radiologiques

La déviation en valgus était constamment corrigée avec un angle moyen de 19°. Dans notre série 93 p.100 des gros orteils étaient convenablement axés dans le plan horizontal après líarthrodèse. La flexion dorsale moyenne était de 24°. Un tel degré permettait le port de chaussures avec des talons díune hauteur inférieure ou égale à 3 cm pour 71 p.100 des patients. Dans notre série, 86 p.100 des gros orteils étaient convenablement axés dans le plan sagittal. Líarthrodèse était fusionnée 29 fois (90,6 p.100) et pseudarthrosée 3 fois (9,3 p.100) sans douleur. Il existait une arthrose interphalangienne chez 12 patients, dont les 6 pré-opératoires douloureuse seulement chez 4 personnes ayant une arthrose légère avant líarthrodèse métatarsophalangienne. Le valgus moyen des gros orteils présentant des signes radiologiques díarthrose de líinterphalangienne était de 25 °alors que le valgus moyen de notre série était de 19°. Le taux díarthrose interphalangienne en fonction du valgus était de 36 p. 100 pour les gros orteils axés et 64 p. 100 pour les orteils en excès de valgus. La divergence métatarsienne était améliorée puisque líangle moyen entre le premier et le deuxième métatarsien était en moyenne de 10°,2 alors que líétalement de líavant pied mesuré entre le premier et le cinquième métatarsien était de 27° en moyenne. Nous constations ainsi une correction du métatarsus varus de 4,5° en moyenne (líangle M1, M2 moyen était de 14,8° avant líintervention contre 10,2° à la révision). Si 40 p.100 des patients présentaient une divergence importante avant líintervention (supérieure à 15°) ils níétaient plus que 7 p.100 lors de la révision.

Líétalement de la palette métatarsienne níétait corrigée que parce que le métatarsus varus était réduit. Líamélioration moyenne était de 32,3° à 27° soit une amélioration de 5°,3 de la divergence entre le premier rayon et le dernier métatarsien, et si seulement 23 p.100 des pieds présentaient avant líintervention un étalement inférieur à 30° il étaient 66,7 p.100 à la révision

Résultats statistiques

Le résultat final était corrélé à líangle de valgus prè-opératoire avec une différence significative statistiquement (p = 0,06). Plus líangle était important plus le résultat était mauvais lors de la révision. Líâge du patient à la reprise intervenait avec une différence significative de 0,05. Plus líâge du patient était élevé moins le résultat final était bon.

Le score de KITAOKA (7) était corrélé au valgus du gros orteil lors de la révision avec une différence significative (p = 0,001). Plus le valgus était important moins bon était le score.

DISCUSSION

Comme Rosset et al. (8) nous pensons que líarthrodèse est la seule intervention possible après líéchec díune première intervention. Elle assure définitivement au gros orteil une orientation convenable sans risque de récidive comme líaffirment Curvale et al. (5), Coughlin (9) et Gregory et al. (10).

Les résultats fonctionnels de notre série sont équivalents à ceux de Bouché et Adad (11), Sage et al. (12), Tourné et al. (13). Dans notre série le gros orteil était douloureux avant líintervention dans tous les cas. A la révision on constate une indolence dans 78 p.100 des cas. Les douleurs météorologiques et modérées du gros orteil se répartissent en deux groupes : troubles dégénératifs de líinterphalangienne dans 12,5 p.100, douleurs du matériel dans 6,5 p.100 disparaissent díaprès nos constatations personnelles dès líablation du matériel. Dans 3 p.100 des cas la douleur est persistante. Pour Fitzgerald et Wilkinson (14) líarthrodèse métatarsophalangienne du gros orteil soulage les métatarsalgies pré-opératoires des quatre derniers rayons. Dans notre série les métatarsalgies après reprise ne sont plus présentes que dans 4 cas soit 12,5 p 100 (M2, 3 fois, M3, 1 fois).

Líarthrodèse métatarsophalangienne du gros orteil níest pas une intervention invalidante. Quatre vingt treize p. cent des patients portaient des chaussures normales ou confortables et ne présentaient pas de gêne à la marche en terrain plat dans 81 p.cent des cas ce qui est très satisfaisant eu égard aux indications opératoires et à líâge des opérés comme nous líavons déjà souligné (15).

Le taux de fusion osseuse obtenu après arthrodèse (93 p.100) est proche des résultats des meilleures séries de la littérature comme Mann et Hagy (16) et Wilkinson (17). Comme OíDoherty et al. (18) nous constatons que les pseudarthroses sont asymptomatiques dans la majorité des cas (fig 2). La fixation de líarticulation métatarsophalangienne en supprimant le mouvement assure líindolence articulaire. La plastie de líabducteur bloque la pronation.

La position à donner aux deux pièces osseuses lors de líarthrodèse est sujette à une importante controverse dans la littérature comme le rappelle Harper (19). Dans le plan horizontal, les recommandations pour le valgus du gros orteil par rapport au métatarsien sont comprises entre 5° et 30° avec une moyenne de 15 ° [Curvale et al (5)]. Nous préconisons de régler líarthrodèse avec un valgus de 10° à 20° correspondant au valgus physiologique. Dans le plan sagittal, le degré díextension recommandé varie entre 10° et 40°. Nous préconisons un blocage du gros orteil entre 25° et 35° de dorsiflexion ce qui nous semble un bon compromis entre le risque de surcharge du premier métatarsien (en cas díexcès) ou de surmenage de líinterphalangienne (en cas díinsuffisance).

Les résultats globaux sont jugés satisfaisants dans 84 p. 100 des cas. Ce résultat est comparable aux séries de Beaucamp et al (20), Humbert et al. (21). Les échecs correspondent essentiellement à des gros orteils douloureux après líintervention ou à des patients présentant un vice de positionnement du gros orteil associé à une ou plusieurs restrictions fonctionnelles (chaussage, marche).

Tomeno et Kaddem (22) notent quíune arthrose interphalangienne du gros orteil peut apparaître après une arthrodèse métatarsophalangienne par hypersollicitation de cette articulation. Si elle est assez fréquente (37 p.100) elle est dans la majorité des cas sans expression clinique. Pour Fitzgerald et Wilkinson (14) un valgus du gros orteil inférieur à 20° favorise la genèse des troubles de líinterphalangienne. Dans notre série nous ne constatons pas une telle corrélation. A la différence des autres séries nous préconisons aux vues de nos résultats un valgus de líarthrodèse compris entre 10° et 20° lors de la reprise chirurgicale.

Mann et Hagy (16) rapportent une diminution significative de la divergence des deux premiers métatarsiens après líarthrodèse.

Nous avons réalisé une arthrodèse de la métatarsophalangienne du gros orteil en présence díune récidive de la déformation après cure díhallux valgus. Les résultats doivent être comparés aux techniques conservatrices. Kitaoka et Patzer (23) comparent la reprise chirurgicale de 20 pieds dont 11 par un Keller et 9 par une arthrodèse. Les 11 patients ayant eu un Keller ont un âge moyen de 63 ans et sont revus avec un recul moyen de 10 ans. Líangle du gros orteil est à la révision de 11° ± 3 et le varus métatarsien est de 2° ± 1°,7. Les résultats sont bons dans 6 pieds, moyens dans 4 et mauvais dans un. Neuf patients díun âge moyen de 63 ans ont bénéficié díune arthrodèse et sont revus avec un recul moyen de 5 ans. Líangle du gros orteil est de 23° ± 6°,9 et le métatarsus varus de 2° ± 3°. Les résultats sont bons dans 6 pieds, moyens dans 2 et mauvais dans un. Il y a une différence entre les 2 interventions au niveau de la satisfaction des malades, la douleur, líaspect esthétique et le chaussage. Líincidence des métatarsalgies est identique dans les 2 groupes. Les complications, des défauts díaxe, sont plus fréquents dans le groupe ayant eu un Keller. Au total dans cette série comparative ils ont 67 p.100 de bons résultats après arthrodèse et seulement 54 p.100 de bons résultats après Keller. Kitaoka et Patzer (23) conseillent en cas de récidive díhallux valgus avec limitation de la mobilité articulaire de faire une arthrodèse.

CONCLUSION

Le sacrifice de líarticulation métarsophalangienne ne compromet pas le déroulement du pas qui reste possible grâce à la souplesse de líinterphalangienne du gros orteil et la tibiotarsienne.

La reprise des cures díhallux valgus par arthrodèse du gros orteil reste le recours raisonnable. Elle soulage bon nombre de douleurs du premier rayon et de métatarsalgies sous les têtes moyennes. Son bon positionnement reste délicat et demande une certaine minutie opératoire.
 
 

REFERENCES

1 - Clutton MM. : The treatment of hallux valgus. St Thomas Hospital report, 1894, 22,1-12-26.

2 - Kelikian H. : Hallux valgus, allied deformities of the fore foot ans metatarsalgia. Philadelphia, WB Sounders Co, 1965.

3 - Jardé O., Obry C., Plaquet JC., Vivès P.: Les récidives après cure díhallux valgus. Rev Chir Orthop 1990, 76 Supp1, 126

4 - Regnauld B. : Le pied : pathologie courante, et copathogénie sémiologie clinique et thérapeutique , Berlin Springer 1986.

5 - Curvale G., Croisille H., Tracol P., Groulier P. : Líarthrodèse métatarsophalangienne du gros orteil. Rev Chir Orthop 1988, Suppl 2, 73, 258-261.

6 - Girard F., Mazas F., Le Balcíh T., Margeot M. : Líarthrodèse métatarsophalangienne du gros orteil de vissage axial en compression. A propos díune série de 46 cas. Rev Chir Orthop, 1988, Suppl 2, , 74, 221-224.

7 - Kitaoka HB., Alexander IJ., Adelaar RS. : Clinical rating systems for the ankle - hind foot, mid foot, hallux, and liser toes. Foot Ankle int 1994, 15, 349-353.

8 - Rosset P., Champion P., Burdin P., : Etude rétrospective díune série continue de 49 arthrodèses de líarticulation métatarsophalangienne du gros orteil. Rev Chir Orthop 1988, Suppl 2, 74, 225-227

9 - Coughlin MJ. :Arthrodesis of the first metatarsophalangeal joint. Orthop Rev 1990, 19, 177-186.

10 - Gregory JL., Childers R., Higgins KR., Krych SM., Harkless LB : Arthrodesis of the first metatarsophalangeal joint. A review of the literature and long term retrospective analysis. J Foot Surg, 1990, 29, 369-374

11 - Bouche R., Adad JM. : Arthrodesis of the first metatarsophalangeal joint in active people. Clin Podiatr med surg 1996, 13, 3, 461-484.

12 - Sage R., Lam A., Taylor D. : Retrospective analysis of first metatarsal phalangeal arthrodesis. J Foot Ankle Surg. 1997, 36, 6, 425-429.

13 - Tourné Y., Saragaglia D., Zattara A., Maire JP., Picard F., Montbarbon E., Charbel A. : Hallux valgus in the elderly : metatarsophalangeal arthrodesis of the first ray. Foot Ankle int, 1997, 18, 4, 195-198.

14 - Fitzgerald JAW., Wilkinson JM. : Arthrodesis of the metatarsophalangeal joint of the great toe. Clin Orthop 1981, 157, 70-77.

15 - Jardé O., Ruzic JC., Roux O., Trinquier-Lautard JL., Vives P. : Intérêt de líarthrodèse du gros orteil associée à un alignement métatarsien selon LELIEVRE dans la chirurgie de líavant pied rhumatoïde. A propos de 70 observations. Rev Chir Orthop 1998, 84, 61-66.

16 - Mann RA., Hagy JL. : The function of the toes in walking jogging and running . Clin Orthop 1979, 142, 24-29.

17 - Wilkinson J. : Cone arthrodesis of the first metatarsophalangeal joint. Acta Orthop Scand 1978, 49, 627-630.

18 - OíDoherty DP., Lowrie IG., Magnussen PA., Cregg J. : The management of the painful first metatarsophalangeal joint in the older patient. J Bone Joint. Surg 1990, 72 (Br) 839-842.

19 - Harper M. : Positioning of the hallux for first metatarsophalangeal joint arthrodesis. Foot Ankle int 1997, 18, 827.

20 - Beaucamp CG., Kirby T., Rudge SR., Worthington BS., Nelson J. : Fusion of the first metatarsophalangeal joint in forefoot arthroplasty. Clin Orthop, 1984, 190, 249-253.

21 - Humbert JL., Bourbonnière C., Laurin CA. : Metatarsophalangeal fusion for hallux valgus : indication and effects on the first ray. Can Med Assoc 1979, 120, 937-941.

22 - Tomeno B., Kaddem SE. : Líarthrodèse métatarsophalangienne du gros orteil. Reflexions à propos de 93 interventions. Rev Chir Orthop 1982, 68, 379-384.

23 - Kitaoka HB., Patzer GL. : Arthrodesis versus resection arthroplasty for failed hallux valgus operations. Clin Orthop 1998, 347, 208-214.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Tab 1 : critères de KITAOKA

Fig 1 : arthrodèse du gros orteil à 8 ans de recul

Fig 2 : pseudarthrose de la métatarsophalangienne du gros orteil à 7 ans de recul


BAREME METATARSO-PHALANGIEN, INTERPHALANGIEN DE LíHALLUX



 
DOULEUR (40 points)
 
aucune douleur 40
légère, occasionnelle 30
moyenne, quotidienne 20
vive, presque toujours présente 0
 
FONCTION (45 points)
 
limitation díactivités :
aucune limitation 10
pas de limitation des activités quotidiennes telles que le travail 7
limitation des activités quotidiennes et des loisirs 4
limitation sévère des activités quotidiennes et des loisirs 0
 
exigence des chaussures
à la mode, chaussures classiques, ne nécessitant pas " díorthèse interne " 10
chaussures de confort, " orthèse interne " de chaussure 5
chaussures modifiées ou à armature (orthopédique) 0
 
mouvement de líarticulation métatarso-phalangienne
(dorsiflexion plus flexion plantaire)
normal ou limitation légère 75 ° ou plus 10
limitation moyenne (30° - 74°) 5
limitation sévère (- de 30°) 0
 
mouvement de líarticulation interphalangienne (flexion plantaire)
pas de limitation 5
limitation sévère (-30°) 0
 
stabilité des métatarso-phalangiennes-interphalangiennes (toutes les directions)
stable 5
définitivement instable ou possibilité de luxation 0
 
cal lié à líhallux métatarsophalangien ou interphalalgien
pas de cal ou cal asymptomatique 5
cal symptomatique 0
 
ALIGNEMENT (15 points)
 
bon, hallux bien aligné 15
assez bon, quelques degrès de mauvais alignement observé, pas de symptôme 8
médiocre, mauvais alignement symptomatique évident 0