FRACTURES MALLEOLAIRES. CRITERES PREDICTIFS
DE LARTHROSE A LONG TERME CHEZ LE SPORTIF.
ETUDE RETROSPECTIVE DE 28 CAS
O. JARDE, P. VIVES, J. VERNOIS, E. VIMONT S. MASSY
Service dOrthopédie Traumatologie, Hôpital Nord, Place Victor Pauchet - 80054 AMIENS CEDEX 1 - France
Correspondant et tirés à part : O. JARDE
Mots clés : fractures malléolaires, arthrose, sportif.
Les indications du traitement orthopédique des fractures malléolaires se sont considérablement réduites au profit du traitement chirurgical. La difficulté est dobtenir par des manoeuvres externes, la réduction de lensemble des lésions extra-ligamentaires et la restauration de rapports anatomiques normaux. Cette difficulté explique la médiocre qualité du résultat du traitement orthopédique et la forte proportion darthroses à long terme. La table ronde de la SOFCOT de 1971 (14) et les travaux de lAO en 1974 (13) ont favorisé lévolution vers le traitement chirurgical.
Nous avons revu 28 blessés sportifs sur 124 opérés, sportif ou non, entre 1980 et 1984 dans le service du Professeur Vivès avec plus de 15 ans de recul. Nous navons aucune raison de penser que les non revus différaient des autres. Ces patients nont bénéficié daucune réparation des lésions ligamentaires. Nous avons, chez ces patients comparé la cheville ostéosynthésée au côté opposé qui navait eu aucune lésion, afin de dégager des critères prédictifs darthrose à long terme.
MATERIEL ET METHODE
MATERIEL
Notre série comporte 10 hommes (35%) et 18 femmes (65%) et 14 chevilles droites et gauches, aucune lésion bilatérale.
Lâge moyen était de 39 ans avec des extrêmes de 19 et 56 ans.
Le mécanisme était : 20 chutes de lieux élevés au cours dun sport (71%), 8 accidents de sport (29).
Dix sujets marchaient ou courraient de façon régulière et quotidienne (36%), 18 pratiquaient un sport régulièrement en amateur (tennis, jogging) (64%).
Il y avait 11 fractures fibulaires (39%), 12 fractures bimalléolaires (42%) dont une pluri-fragmentaire et 5 trimalléolaires (18%) ; il ny avait aucune lésion du dôme talien.
La classification de Weber (17) dérivée de celle de Danis (4) a été utilisée car elle accorde la primauté pronostique aux lésions du péroné qui conditionnent limportance des lésions ostéo-ligamentaires. Cette classification distingue trois types de fractures selon la hauteur du trait fibulaire par rapport à la syndesmose tibio-fibulaire.
- le type A : 4 cas (15%). Le trait était transverse en dessous de la syndesmose qui était toujours intacte.
- le type B : 16 cas (57%). Le trait était spiroïde ou oblique dans le plan sagittal à la hauteur de la syndesmose qui était lésée.
- le type C : 8 cas (28%). Le trait était oblique ou transversal au dessus de la syndesmose qui était toujours lésée.
TECHNIQUE CHIRURGICALE
Une plaque en cuiller de type Vivès a été utilisée au niveau de la fibula. La malléole médiale a été ostéosynthésée par 2 vis à os spongieux.
La durée moyenne de la décharge sans immobilisation a été de 3,5 mois. La radiographie post-opératoire a montré 25 réductions ad integrum et 3 raccourcissements de la fibula, de 3 à 5 mm.
METHODES
Les résultats ont été appréciés selon les critères de Kitaoka et al (8)(Tabl. I).
Afin dapprécier limportance de larthrose selon la cotation de Magnusson rapportée par Harper (6) tous les patients ont bénéficié lors de la révision dune étude radiographique qui comprenait : une incidence de cheville en charge de face avec 20° de rotation interne, un cliché des deux chevilles de profil en charge selon Kleiger (9). Lanalyse des clichés a permis de classer les lésions et dapprécier la qualité de la réduction initiale selon la cotation de Leeds et Ehrlich (10) (Tabl.II). La distance séparant une ligne verticale abaissée depuis lincisure de la fibula à la corticale médiale de la fibula 0,5cm au dessous du dôme talien a servi à apprécier la réduction dans le plan frontal (distance B), ; la réduction était insuffisante si cette distance était supérieure à 5mm. Lespace articulaire médial a également été mesuré, sur les clichés en charge de face. A létat normal la largeur de lespace est inférieure à 3mm (distance C) et identique à celle retrouvée au milieu du dôme talien. La syndesmose tibio-fibulaire a été évaluée par la mesure de la distance entre lincisure fibulaire et la corticale interne de la fibula 1cm au dessus du toit de la mortaise (distance A). La valeur normale de cette distance était de 2,5 à 5mm (fig 1) (Tabl.III).
Les radiographies ont été comparées à celles du côté opposé nayant eu aucune lésion traumatique.
Les résultats ont fait lobjet dune étude statistique avec un test du Chi carré pour la comparaison de variables catégorielles, le risque de première espèce était fixé à 5% avec un degré de liberté.
RESULTATS
COMPLICATIONS
Nous avons relevé 1 sepsis superficiel, un sepsis profond ayant nécessité une arthrodèse de cheville trois ans plus tard et une algoneurodystrophie qui a guéri après traitement par calcitonine. Nous navons relevé aucune pseudarthrose.
Le matériel a été enlevé 22 fois après un délai moyen de 28 mois. Six patients avaient encore leur matériel lors de la révision.
RESULTATS A 15 ANS
Le délai moyen entre la fracture et le contrôle était de 16 ans 7 mois (extrêmes de 15 et 19 ans).
- Douleur : dix sept chevilles étaient indolores, dix présentaient des douleurs météorologiques ou matinales (35 p.100), un patient était indolore mais avait subi une arthrodése.
- mobilité : la flexion dorsale était supérieure à 20° vingt et une fois, entre 10 et 20° cinq fois, inférieure à 10° une fois, nulle une fois (moyenne de 18°). La flexion plantaire était de 45° vingt fois, entre 30 et 45° cinq fois, inférieures à 30° deux fois, nulle une fois (moyenne de 43°). Larrachement du ligament médial non suturé a entraîné à long terme une ostéophytose de la malléole médiale et une limitation de la mobilité articulaire de 7° en moyenne pour la flexion dorsale et 21° pour la flexion plantaire.
- oedème : 18 blessés navaient pas doedème, 10 avaient un oedème à la station debout prolongée ou le soir à la fatigue. Le patient arthrodésé avait un oedème permanent.
- chaussage : Il était normal 26 fois. Un patient portait une semelle orthopédique sans rapport avec la fracture fibulaire. Le patient arthrodésé portait une chaussure avec talonnette pour compenser léquinisme.
- marche : Elle seffectuait normalement 23 fois, avec une légère boiterie à la fatigue 4 fois, une boiterie permanente chez le sujet arthrodésé. Aucun patient nutilisait de canne.
- aucun patient ne se plaignait dinstabilité de la cheville
- la radiographie montrait douze pincements tibio-taliens et 16 ostéophytes de la malléole médiale. Dix pincements tibio-taliens étaient associés à un ostéophyte inférieur de la malléole médiale (fig 2-3). Lossification de la malléole médiale était accompagnée dans 62% dun pincement de larticulation tibio-talienne de 1,2 mm en moyenne.
RESULTAT GLOBAL
Sur la base des critères objectifs, nous avons relevé 22 bons résultats (79%), 5 moyens (18%) et 1 mauvais (3%)
Le résultat subjectif était bon dans 93% des cas.
DISCUSSION
Dans notre travail, lanalyse lésionnelle retrouve une nette prédominance des fractures de type inter-tuberculaire de la fibula
(57%), résultats comparables à ceux de Vivès et al. (16). Maynou et al. (12) dans leur série de 79 dossiers ont en revanche une prédominance de fractures sus-tuberculaires (68%).
Les meilleurs résultats sont obtenus dans notre série dans les fractures de type A.
Lossification sous la malléole médiale est plus fréquente dans le type B de Weber. Maynou et al. (12) constatent également dans leur série des ossifications du ligament latéral médial en cas de traitement non chirurgical, mais ces ossifications ne signent pas pour eux un mauvais résultat clinique. Elles nont à la différence de notre série aucune traduction clinique. Stromsoe et al (15) ont étudié de manière randomisée une série de 50 fractures de type WEBER-B et C ayant une rupture du ligament médial. Vingt cinq blessés ont eu une suture ligamentaire, les autres nont eu aucun geste chirurgical à ce niveau. Tous ont bénéficié dune rééducation dès le 3ème jour. Le recul moyen de cette série nest que de 17 mois. Il nexiste avec ce délai court aucune différence au niveau de la mobilité de la cheville ni dossification médiale sur la radiographie mais il y a dans le groupe opéré un peu plus de douleur, doedème et de limitation de lactivité sportive (Tabl.IV). Cette différence serait, selon Stromsoe et al. (12) dûe au seul abord chirurgical.
Comme Joz-Roland et al. (7), nous avons été surpris en interrogeant nos patients par lavis généralement très favorable quils portent sur la qualité du traitement reçu et de son résultat éloigné ; cet avis contraste parfois de façon étonnante avec le tableau clinique et radiologique offert à lexaminateur. Larthrose en particulier est bien tolérée, il y a peu de séquelles professionnelles définitives sauf pour le patient arthrodésé. Contrairement à la conclusion de Maynou et al. (12) et à notre habitude opératoire, notre intime conviction est désormais la nécessité de suturer en cas de lésion le ligament médial afin de diminuer le risque darthrose à long terme.
A plus de 15 ans de recul nous avons 35% dévolution arthrosique de la cheville malgré une restitutio ad integrum 25 fois. Les 3 cas de raccourcissement de la fibula ont présenté une évolution vers larthrose. Ce chiffre de 35% est à rapprocher des 25% rapportés dans les autres séries avec un long recul [Harper (6) Zeegers et Van Der Werken (19)]. Ces résultats contrastent avec ceux de Maynou et al. (12) qui ne retrouvent dans leur série quune arthrose sur 79 cas. Lexplication de cette différence est peut être le recul moyen qui nest dans leur série que de 4 ans et 8 mois.
Trois patients (11%) présentent dans la série un raccourcissement post-opératoire de la fibula. Ceci correspond au taux de la série de Harper (6),(14%), mais il est moindre que dans la série de Zeegers et Van Der Werken (19) qui relevait 18% dinsuffisance de réduction.
La taille réduite de notre série ne nous permet pas détablir un lien statistique entre le défaut de réduction et larthrose. Néanmoins dautres travaux (1-2) ont prouvé le rôle pathogène des défauts de réduction. Sur 93 fractures bimalléolaires, Joz-Roland et al. (7) constatent 34 p% de chevilles arthrosiques à 8 ans de recul. Quatre vingt quinze % des mauvaises réductions se compliquent darthrose alors que seulement 11% des réductions satisfaisantes en ont une. Les déplacements les plus minimes, en perturbant la morphologie de la mortaise, favorisent lévolution arthrosique de la cheville. Dans huit cas de notre série, une arthrose est cependant survenue malgré une réduction correcte. Nous navons pas dexplication précise pour chaque cas mais seulement quelques hypothèses : contusion du cartilage ou fractures ostéo-cartilagineuses non diagnostiquées, instabilité ligamentaire résiduelle, retard dans lablation du matériel fixant la syndesmose. Les fractures de type C semblent présenter à long terme une évolution arthrosique plus importante.
Dans les séries, de Joz-Roland et al. (7) Willenegger (18) Martinez et al. (11) et Weber (17), on retrouve un taux de 10% darthrose secondaire malgré une réduction initialement correcte. Ce taux augmente entre les contrôles à 1 an et à 5 ans dans la série de Forudastan (5) ce qui est significatif pour Broos et Bisschop (3).
CONCLUSION
De cette revue de 28 fractures malléolaires chez le sportif avec un recul de 15 ans minimum nous pouvons conclure :
- la restauration parfaite de lanatomie articulaire est nécessaire pour obtenir un bon résultat. Larthrose est dans la grande majorité des cas liée à une insuffisance de réduction initiale. Larthrose post-traumatique est généralement bien supportée et il existe des résultats insuffisants non liés à la présence dune arthrose.
- La rupture du ligament latéral médial entraîne à très long terme des ossifications périarticulaires médiales et une limitation de la mobilité articulaire. Nous proposons donc contrairement à à notre pratique ancienne de le réparer chirurgicalement.
REFERENCES
1 - Biga N., Richter D.: Résultats à long terme des fractures de la pince malléolaire. Ann. Orthop. Ouest., 1984, 16, 95-151.
2 - Biga N. : Arthrose post-traumatique de la cheville. Facteurs étiologiques et prévisionnels. Base thérapeutique des fractures du cou de pied. Cahiers dEnseignement de la SOFCOT (28) Expansion scientifique française, Paris, 1987, p.259-274.
3 - Broos P.L.O., Bisschop A.P.G. : Operative treatment in ankle fractures in adults. Correlation between types of fractures and final results Injury, 1991, 22, 403-406.
4 - Danis R. : Théorie et pratique de lostéosynthèse, Masson, édit, Paris, 1952
5 - Forudastan H. : Zur AO Osteosynthese von Knochenbrüchen ergebnisse nach 5 jahren Arch. Orthop. Unfallchir., 1970, 68, 42-60
6 - Harper M.C. : The deltoid ligament. An evaluation of need for surgical repair. Clin. Orthop., 1988, 226, 156-168.
7 - Joz-Roland P., Kritsikis N., Cyprien J.M. :Résultats à long terme du traitement des fractures malléolaires. Rev. Chir. Orthop., 1980, 66, 173-182.
8 - Kitaoka H.B., Alexander I.J., Adelaar R.S. : Clinical rating systems for the ankle - hind foot, mid foot, hallux, and lesser toes. Foot Ankle Int, 1994, 15, 349-353.
9 - Kleiger B. : The treatment of oblique fractures of the fibula. J. Bone Joint Surg 1961, 43-A, 669-679.
10 - Leeds H.C., Ehrlich M.G. : Instability of the distal tibiofibular syndesmosis after bimalleolar and trimalleolar ankle fractures. J. Bone Joint Surg 1984, 66-A, 490-495.
11 - Martinez C., Rieunau G., Gay R., Mansat C. : Résultats du traitement sanglant des fractures malléolaires. Rev. Chir. Orthop., 1970, 56, 665-682.
12 - Maynou C., Lesage P., Mestdagh H., Butruille Y. : Faut-il traiter les lésions ligamentaires du ligament latéral interne dans les équivalents de fracture bimalléolaire ? Rev. Chir., Orthop., 1997, 83, 652-657.
13 - Müller M.E., Allgöwer M., Willenegger H. : Manuel dostéosynthèse. Technique AO, MASSON, edit, Paris, 1974
14 - Schmitt D., Sommelet J. : Les fractures du cou de pied. Traitement orthopédique ou traitement sanglant. Rev. Chir. Orthop. 1972. suppl 1, 58, 362-369
15 - Strömsöe K., Hoquevold HE., Skejeldal S., Alho A. : The repair of a ruptured deltoid ligament is not necessary in ankle fractures J. Bone Joint Surg. 1995, 77-B, 920-921.
16 - Vives P., De Lestang M., Hourlier H. : Fractures malléolaires de ladulte. Encycl. Méd. Chir. (App. Locom.), 14088 E 10. 5- 1986, Paris.
17 - Weber B.G. : Die Verletzungen der oberen Sprunggelenkes Hans Huber, edit., Berne, 2ème éd., 1972
18 - Willenegger H. : Spätergebnisse nach konservativ und operation behandelten Malleolarfrakturen Helv. Chir. Acta, 1971, 3, 312-340
19 - Zeegers A.V.C.M., Van Der Werken C. : Rupture of the deltoid ligament in ankle fractures : should it be repaired ? Injury, 1989, 20, 39-41.
Tableau I : Critères de Kitaoka
Tableau II : Appréciation radiographique de la réduction selon Leeds et Ehrlich
Tableau III : Classification de larthrose selon Magnusson et Harper
Tableau IV : Résultats de la série randomisée de Stromsoe, avec suture ou non du ligament collatéral médial de la cheville.
SCORE DE CHEVILLE SELON KITAOKA ET AL. (8)
Facteurs cliniques
Douleurs (45 points) : Points
- Aucune 45
- Légère, occasionnelle 35
- Modérée, journalière 25
- Sévère, quasi-constante 0
Fonctions (40 points)
Niveau dactivité, nécessité dune aide à la marche :
- Activité normale, pas daide à la marche 10
- Pas de limitation de lactivité dans la vie courante,
limitation des activités de loisirs, pas daide à la marche 7
- Activité dans la vie courante et activité de loisirs limitées,
nécessité dune canne 4
- Activité dans la vie courante et activité de loiris très limitées,
nécessité dune béquille ou dun fauteuil roulant 0
Périmètre de marche :
- Plus de 1km 10
- De 500m à 1km 7
- De 100 à 500m 4
- Moins de 100m 0
Boiterie :
- Aucune ou négligeable 10
- Occasionnelle 5
- Marquée 0
Limitation de lamplitude articulaire de cheville :
- Aucune ou légère (75% à 100% de la normale) 10
- Modérée (25% à 74% de la normale) 5
- Marquée (moins de 25% de la normale) 0
Alignement axial (15 points)
- Bon, flexion neutre, valgus de 0 à 10° 15
- Moyen, désaxation en flexion et en valgus modérée 8
- Mauvais, désaxation en flexion et en valgus innaceptable 0
Total 100
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Bon |
Moyen |
Mauvais |
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Fibula |
Pas de déplacement latéral Déplacement antéro-postérieur < 2mm |
Déplacement latéral < 2mm Déplacement antéro-postérieur 2-4mm |
Déplacement latéral > 2mm Déplacement antéro-postérieur > 4mm |
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Bon :
Pas ou faible réduction dépaisseur de linterligne articulaire
Absence ou formation minime dostéophyte
Absence ou condensation sous-chondrale minime
Moyen :
Réduction significative de linterligne articulaire
Formation dostéophytes et sclérose de los sous-chondral modérée.
Absence ou condensation sous-chondrale minime.
Mauvais :
Interligne articulaire presque effacé, sclérose et formation dostéophytes marqués.
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Pas de suture |
Suture ligamentaire |
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Aptitude au travail Non modifiée Réduite |
24 1 |
25 0 |
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Activités sportives Non modifiées Réduites |
24 1 |
22 3 |
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Douleurs Absentes Présentes |
24 1 |
22 3 |
|
Oedème Absent Présent |
21 4 |
20 5 |
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Mobilité globale Normal Réduit |
16 9 |
15 10 |
Fig 1 : Technique utilisée pour mesurer des déplacements au niveau de la cheville daprès Harper
Fig 2 : Radiographie de cheville avec 18 ans de recul
Fig 3 : Radiographie de cheville à 15 ans de recul avec allongement de la malléole médiale
Fractures malléolaires. Critères prédictifs de larthrose à long terme chez le sportif. Etude rétrospective de 28 cas.
O. JARDE, P. VIVES, J. VERNOIS, E. VIMONT, S. MASSY
Les auteurs rapportent une série de 28 fractures de cheville ostéosynthésées revues avec plus de 15 ans de recul.
La série compte 11 fractures fibulaires, 12 fractures bimalléolaires et 5 trimalléolaires. La classification de WEBER distingue 4 types A, 16 types B et 8 types C. La radiographie post-opératoire montre 25 réductions anatomiques et 3 raccourcissements de la fibula de 3 à 5 mm.
Les résultats sont appréciés selon les critères dHARPER après un bilan radiographique et de Kitaoka. Lanalyse statistique a été faite avec le test de Chi carré.
Lors de la révision à 15 ans, 17 chevilles sont indolores : on note une mobilité normale 21 fois, une absence doedème 18 fois. Le chaussage est normal 26 fois. La marche seffectue normalement 23 fois. La radiographie montre 12 pincements tibiotaliens, et 16 allongements de la malléole médiale. Dix pincements tibiotaliens sont associés à un allongement de la malléole médiale.
Les résultats objectifs sont 22 bons résultats, 5 moyens et 1 mauvais.
A 15 ans de recul, nous avons dans 35% des cas une évolution arthrosique de la cheville malgré une reconstitution qui a été anatomique 25 fois.
Les 3 raccourcissements de la fibula ont tous été associés à une évolution arthrosique. Lossification de la malléole médiale correspond à un arrachement du ligament non médial suturé. Néanmoins, larthrose de la cheville, lorsquelle est présente, est particulièrement bien supportée.
Le résultat à long terme des fractures malléolaires ostéosynthésées est bon. Il ne peut être obtenu quau prix dune restauration parfaite de lanatomie articulaire. Contrairement aux autres séries le traitement non chirurgical du ligament collatéral médial a entraîné des ossifications périarticulaires médiales à très long terme et une limitation de la mobilité articulaire. Nous proposons contrairement à nos habitudes la suture chirurgicale du ligament latéral médial.