
Le talon touche à peine le sol et la peau plantaire, de par sa constitution spéciale (logettes fibreuses remplies de graisse), est le premier amortisseur à intervenir : elle joue le même rôle que les pneus d'une voiture (20). Elle est répartie aux endroits qui reçoivent la charge.

L'arrondi de l'extrémité inférieure du calcaneus sert de premier pivot et permet, par roulement, la répartition des pressions sur le reste du pied dans la direction choisie.
Aussitôt, sous l'effet de la charge, de la position neutre, l'arrière-pied se met progressivement en valgus pour présenter, au moment du plein appui de la phase monopodale, une surface maximale. Plus la surface portante sera grande, plus les pressions seront harmonieusement réparties.
C'est le tibial antérieur qui, par action excentrique, amortit la chute de l'avant-pied (21).

Le valgus s'accompagne d'une rotation interne du membre inférieur. Tous les mouvements articulaires sont autant de facteurs qui absorbent de l'énergie. Et le deuxième pivot est alors l'arrondi de l'articulation cruro-talienne. La flexion antérieure de la jambe sur le pied est contrôlée par le système suro-plantaire (22).

Différents amortisseurs interviennent.
La pince de Le Coeur est représentée par les deux os de la jambe, unis par la membrane interosseuse tibio-péronière (23).

Au cours de la station debout aussi bien qu'au cours de la marche, la malléole latérale reste bas située pour permettre à la mortaise crurale de s'adapter au talus dans toutes les positions. Cela est permis grâce à l'élasticité de la membrane interosseuse tibio-péronière, oblique en bas et dehors ; elle est elle-même soutenue par les muscles longs qui s'insèrent sur les deux os de la jambe.
Le calcaneus est décalé en dehors par rapport au tibia. Le valgus est haubané par le ligament médial, soutenu par le tibial postérieur ; c'est l'amortisseur de Schwartz (24).

Et la divergence talo-calcanéenne, qui devient maximale lors du valgus physiologique de l'arrière-pied, constitue un autre amortisseur en emmagasinant une bonne part d'énergie (rôle important des ligaments interosseux talo-calcanéens qui se tendent) (25)

Lorsque le bord externe se dessine au sol et que les têtes participent à la charge, la barre de torsion de Hendrickx amortit cette dernière. Elle est constituée par la rangée oblique des cunéiformes qui représentent la barre de torsion et à laquelle sont reliés deux bras de levier : l'arbalétrier postérieur et principalement les métatarsiens II et III, c'est à dire la ferme élémentaire (26).



Dès que l'avant-pied touche le sol, la ferme entière joue son rôle d'amortisseur (27).

Tous les ligaments plantaires interviennent aidés par les muscles courts et longs plantaires. En particulier, les expansions du tibial postérieur et des muscles péroniers soutiennent la plante du pied à la manière de deux mains qui s'entrecroisent (28). Et le long péronier joue le rôle d'entrait vis-à-vis du premier rayon par lequel on sort.
Le ressort de l'avant-pied intervient dès que les têtes métatarsiennes entrent en contact avec le sol (29).

Les métatarso-phalangiennes représentent alors le troisième pivot. C'est au tour des fléchisseurs des orteils d'intervenir, de façon excentrique, pour contrôler l'angle métatarso-phalangien, en particulier les muscles qui ont leurs insertions sur les deux sésamoïdes. Tout comme la face inférieure du calcaneus, la face supérieure du talus et la tête talienne, la tête du premier métatarsien est une "bille", qui permet une répartition progressive des pressions dans la cupule sésamoïdienne (30).

L'arrière-pied s'est placé progressivement en varus et les ligaments interosseux talo-calcanéens sont de nouveau tendus mais dans une autre direction. Le talus, au moment du retour en rotation neutre, s'applique contre la malléole interne et reste ainsi appliqué lors de la rotation externe contemporaine du varus de l'arrière-pied, lors de la sortie du pas.
Lorsqu'on saute sur la pointe des pieds, ce sont le système suro-plantaire et la pince de Le Coeur qui sont les amortisseurs les plus puissants.
A tous ces amortisseurs doivent s'ajouter tous les éléments du pieds qui interviennent grâce à leur élasticité, depuis la peau jusqu'aux formations osseuses.
Un des amortisseur vient-il à faire défaut, y compris les autres amortisseurs du membre inférieur, tous les autres en pâtissent car cela entraîne une répercussion inéluctable sur la répartition des pressions plantaires. Car la réaction au sol est la traduction finale et exacte du bon fonctionnement du pied.