La physiologie du nougat.
« Et Il lui dit : - Affûte tes pincettes. Et Adam allongea les cannes. Puis il alla se détendre les flûtes sous un saule. Et il trouva que cela était bon de s’les dorer au soleil après avoir tricoté des guibolles».
Quand t’arpentes, t’étales
ta barbaque. Ou plutôt t’arpentes pasque tu t’allonges et que tu chutes.
Mais tes biscotos
posent zéro et retiennent tout, en t’empêchant de courber ta tronche jusque sur
la mosaïque. T’as du bol ! I s’allongent la couenne ; comme ça, i n’se
foulent pas la rate. Ils accrochent leur tender aux balayettes et c'est à
partir de là qu'ils s'allongent le macaroni comme s'ils faisaient du ski
nautique (c’est comme ça qu’ils prennent leur lit en marche), à part qu’ils
tiennent la queue de la poêle plus verticale. Et i t’évitent ainsi de te foutre
sur les rotules.
(ou comme quoi le nougat n’est ni un sabot de Noé ni un temple dédié à Vénus)
Si les allonge-gambettes étaient
des "arches", ou bien i s’ feraient flotter ou bien i tomberaient
dans les frites.
Alors le haricot, c'est une ferme. Du moins il en a l’air et la chanson. C'est
lui le big boss, c’est donc lui qui décide finalement, non ? I sait c' qu'il
est quand il dit : « c’est ti ta poire ou ma poire qui commande
ici ? »
C'est comme un triangle : deux sapins articulés à leur sommet, reliés en bas
par une bretelle.
Parfois les deux sapins se tordent et ça donne des valgus et des varus. Mais ça
ne va pas tout seul de s’ bermurer où ça se tord.
Le talus, il
se prend pour le Roy de la Coquille à lui tout seul.
Bon, d'accord, il l'est.
Mais c'est pas lui qui se tord ! C'est en dessous ! (La cheville ne fait que
suivre.) En faisant voyager sa tête chercheuse, sa fameuse "coxa
pedis" qui se la joue. Il a même des boules de loto, tout ce qui a dans
le train en informatique : les ligaments en haie qui n'arrêtent pas de bigler à
droite, à gauche et dans tous les azimuths.
La bretelle, ça permet au pied de rebondir comme un yoyo. Et il en a besoin.
Les patochets, c'est plein de rebondissements : ça s'appelle les zamortisseurs.
(ou comment on devient fricoteur en s’la coulant douce)
Bon, il y a le pneu de la
bazane et puis tout y passe : squeletosse, côtelettes i tutti frutti.
Y a le fameux triangle avec sa bretelle.
Et les petites billes métatarsiennes qui veulent jouer dans la cour des grands
! Elles s'écartent, elles se rapprochent : elles font des pompes quoi !
Les cunés qui s’ prennent pour une barre de torsion comme s'ils avaient inventé
les zamortisseurs de bouzine ! Au fond, pourquoi pas ? Après tout, y z-ont été
les premiers et depuis des lustres !
Le ligament deltoïde, l'interne ("the" medial) : « Me-ssieû fait
du hauban, ouais.. », peinard…
La sous-talienne, pour sûr (elle a des clignots partout, elle veut être de tous
les coups). Le talus, laisse faire : y s'en contrefout, c'est elle qui fait
tout l'boulot.
Enfin, la pince de Le Coeur, l'écartement latéral, le classique, quoi !
Et l'triceps pour finir.
Saute jamais sur les talons. Saute sur tes pointes : ça r’bondit
mieux !
(ou comment mettre un nougat l’un devant l’autre sur la bouze)
Ce n'est tout compte fait que des fourchettes qui s'ouvrent pour agraper le
sol.
Cela se fait tout seul : ça plie dans la cruro-talienne puis à la racine des
radis.
Pas nave le pied : ces mouvements s'effectuent autour d'axes parallèles entre
eux mais perpendiculaires à la ligne de la baquenaude. Donc l'astragale peut
s'en donner à coeur joie. Son axe ? - rien à voir avec les précédents. Et puis,
libre à lui de faignanter ou de faire suer le burnous quand il voudra. Pas
d'aria, pas d’abattage.
Juste un peu pour s'ouvrir comme une paire de ciseaux sur le calcaneus
(divergence talo-calcanéenne) et présenter lors de l'appui une surface
maximale. Fastoche ! Mais quand même, il faut guetter la moindre dénivellation.
Il ne s'en fait pas, il reste couché. Les ligaments en haie sont là ! Un coup
de bigo et c'est r’parti. La règle ? - rester cool. « La loi du
moindre effort », ça vous dit quelque chose ?
Même que les biscotos
rendent de leur énergie en reprenant leur place après s'être étirés (comme la
corde d'un arc – c’est plus économique et plus écolo pour ouvrir son compas et ça
ne pollue pas) : travail de tsouin-tsouin...pas de quoi se faire de la
mousse...
Oui, bien sûr, il y a la "coxa" de l'avant-pied. Elle réclame une
petite interview, la grosse tête qui s’acoquine avec le gros arpion. Mais elle
n’a pas l’air d’avoir trop la patate ;
- je n'arrête pas d’en abattre, dit-elle ; déjà dans la marche mais dans le sprint et dans les changements de directions, on a beau dire, c'est bibi qui s’dilate la temporale et fait tout l’ groupin. Y en a marre. J’vais finir par bouder à la besogne. Fini de déchirer. J’en attrape des clopinets dans le pylore.
- mais quoi, t’es pas fraîcheur dans cette coupole arrondie avec tes sésamoïdes et ta phalange ? T’es comme une princesse de la rampe !
- ouais, mais ne pense pas que je m’pèle le haricot ; je n’m’occupe pas des jartelles de la gamine mais vu que nous sommes en démocratie, je ne vois pas pourquoi la cheville qu’elle fait de sa poire comme si elle était la reine mère ; moi, je trouve qu'il y a place pour un mègue, un scribouillard et un bankman ; tiens…moi je tiendrais la grenouille, j'ai l'habitude d'encaisser.
- oh, oh, oh, minute papillon : tu encaisses chez les fatmas parce que c'est un problème de bonnes femmes mais les apaches et même les boucs sont gentils avec toi, ils te respectent...
- ouais, p'tête bien; mais ça me fait une belle quenouille d’être gironde, c'était mieux avant les lattes
- je n'te l'fais pas dire
Nous n’appuyons pas sur la chanterelle et mettons la carotte en douceur en nous mettant au pli car nous la savons très sensible. Et de plus, pas veinarde question d'équilibre : elle a souvent les fumerons en bouquet de violette.
(ou comment ne pas s’écrabouiller la gueule par terre)
Aïe! Le bigophone à sonné
! Misère à poil ! Y a du bisenesse dans l’air.
Et c'est parti ! Quand y faut y aller, faut y aller ! Puisqu’ il y a du
sel dans la pipe en sucre.
"Bon, - mettons les choses au point ! Je ne suis pas un astragale pour
rien. Les English ne m'apellent pas "talus" pour le "fun".
C'est moi qui va remettre de l'ordre. On nous brouille la boussole ? On
perturbe la progression ?
On ose ? ça va bardocher ! C’est pas l’ moment de s’ râper le cigare. Et
avant de raccrocher le tuba, il jacte aussitôt :
- Dites, les petites, oui, vous-là, les petites formations ligamentaires en haie ou pas en haie. Il y a du valgus ? ça tangue, ça vire etc..? J'suis pas mathurin. Appelez-moi le tibial postérieur à tout berzingue. C'est un mec fortiche celui-là. A lui de faire joujou. Et qu'ça saute! Vindieu! Qu'il me remette sur le canasson. Je veux que ça tourne rond !
Bon, Le nougat est de nouveau dans la chaussette. C'est mon heure de faire du bifteck.
- Quoi, c'est du varus qu'il y a à présent ? Merdalorsse ! Y a d’l’ abus ! Dégottez-moi le court péronier. I m’ fait l’effet d’un beau hareng, celui-là. Pas méchant le gars mais un peu... vous voyez ce que je veux dire. I s'rait dédoublé que ça ne serait pas mal ! Je réclame ça depuis Noé. ! Merde, y a le ligament externe qui est prêt à pêter un cable ! Faites quelque chose, bon sang ! Accroche-toi, mon petit pépé-ronier ! J'me laisse glisser de la selle pour t'aider.
- Ouf, c'est r’parti...On
s’est bien poilé.
Je r'descends du bestiau. Fini de faire le cosaque.
Elles ont bien fait leur groupin, les petites souris.
C'est l'heure de faire ma méridienne. Je me laisse à nouveau bercer par la
marche.
Etirez vos baguettes de tambour, mes braves petits biscotos des molletons, en
silence, et surtout n'en faites pas trop.
J’ fais une ronflette...
(afin que cette tartine permette aux mignonnets bien éduqués, à tous les mectons et à toutes les gonzesses qui ont un métro de retard, d’enquiller le fonctionnement des nougats et de sortir des ténèbres tartouzardes qu’ils ont ligotées, et de licher cette broderie au point d’avoir des picotis dans le lard pour mieux assister les ceusses qui marchent à côté de leurs lattes)
Quoi ? Personne ne sait
qu’on est les rois du hit-parade ?
Même pas les chahuteuses ?
T’inquiètes !
L'homo sapiens s’en fendrait la pipe.
D'ailleurs, je vais vous l'avouer franchement : c'était le bon temps. Le temps
de la cavale.
Pieds nus, vous vous rendez compte? Et on en avait des nougats !
Allez, à la revoyure !
Et l’bonjour d’Alfred !